Monday, June 19, 2017
Monday, June 5, 2017
Ochan pou Jonathan Demme
Jonathan Demme, n'était pas assez retentissant dans
le monde haitien, si vrai qu'on n'avait même pas pensé
de mentionner son nom sur les journaux, en Haiti comme
ailleurs.
Pourquoi? Sommes-nous condamnés à oublier
les personnes qui ont combattus pour la liberté
d'expression dont nous sommes les bénéficiaires?
Mémoire courte peut-être. Diagnostic tout à fait correct,
ou plutôt une affaire de complaisance? Complaisance, oui
et cela été l'une des multiples inquiétudes de Jean
Dominique.
Quel que soit notre position sur le champ de jeu, il est
important de nous arrêter un moment pour nous ressouvenir
de tous ceux qui avaient combattus pour notre liberté, sans
exception. Jonathan Demme, dans ce sens, a été notre
ami. Il a été notre fère.
La vérité. Si ce n'était pas Jonathan Demme, dans son
documentaire, l'Agronomist, nous n'aurions jamais connu
les antécédants sur l'assassinat de Jean Léopold Dominique
et de Jean-Claude Louissaint.
C'est pourquoi, jodia nap di ochan pou Jonathan Demme!
R.I.P
Tuesday, May 16, 2017
Affranchi sur Parole
que nous vous présentons aujourd'hui.
Au micro, Madame Michèle Montas. Elle dit,
Affranchi sur parole, tel était le titre du
livre que Jean Dominique voulait écrire sur
ses expériences d'agronome, de journaliste
et de militant de la démocratie, sur sa vision
de ce pays qu'il aimait plus que lui-même.
Sur ses rêves de justice, de liberté, de
participation responsable. Jean avait été
assassiné avant de pouvoir écrire ce livre
dont il caressait l'idée.
Mais, Affranchi sur Parole, il l'a été
comme homme de radio pendant 30 ans de
carrière. Une émission de Jean Dominique,
par lui-même.
métier de journaliste, mon micro, et ma foi
inébranlable de militant pour le changement,
le vrai changement. C'est cette vérité là
qu'il est bon de dire ce matin. La vérité
d'un homme libre !
La vérité est certes révolutionnaire. Mais ici,
la vérité doit faire un jour, rougir la face du
diable, fin de citation.
Oui, nous avons devoir de vigilance. Notre
neuve liberté est fragile. L'indépendance de
la Presse est si frêle. C'est pourquoi, il est
important de maintenir, face à nos yeux ouverts,
notre devoir de vérité que nous tenons à faire
passer sur nos antennes, pour à nouveau, faire
circuler la parole et contribuer à élargir les
espaces de liberté.
Seule une information vérifiée par les professionnels,
dont la crédibilité s'acquiert chaque jour et se
consolide, permettra d'éviter ces pièges si
justement redouté par tous.
O, j'en ai tant entendu depuis mon retour, sur les
journalistes. Bien que privé de tout moyen
d'expression, j'ai souvent été moi-même, agressé
par des gens qui me rendaient responsable des
erreurs, des excès de langage de mes confrères.
"Ce sont des journalistes qui excitent les gens."
"Ce sont les journalistes qui attisent la colère."
Et, patati, et patata...
Une fois de plus, pour faire baisser la fièvre
sociale, on croyait devoir casser le thermomètre.
Là aussi, il nous faut faire attention.
Il est vrai, et nous devons le reconnaitre,
qu'il y a eu çà et là des dérapages. La neuve
liberté conquise le 7 février par les jeunes,
par les pauvres, par les sans-travail, par les
paysans de l'arrière-pays, par les plus pauvres
de notre société. Cette neuve liberté a enivré
plus d'un lettré, hors nos rangs ou dans nos rangs.
Il est vrai aussi, et cela ne peut faire que sourire.
Que certains, dans notre profession, qui, le 6 février,
pratiquaient un journalisme courtisan, se sont
réveillés le 7, plus radicaux, plus extrémistes, plus
libertaires que la liberté elle-même. D'où les dérapages
et les dérives que l'on nous reproche, hélas à tous.
Do jounalis endépandan laj. Mais, il est vrai aussi,
et nos adversaires doivent le reconnaitre. Que la
grande vague populaire qui a fait le 7 février, est
un immense et vivifiant courant, irriguant toutes les
artères de notre société. Libérant les énergies, faisant
bourgeonner l'imagination, stimulant la créativité.
Le baboukèt une fois tombé, comment s'étonner que tant
de bouches s'ouvrent. Comment s'étonner que tant de gens
veuillent s’exprimer ? Tout le monde veut être journaliste
pour dire quelque chose, car tout le monde a quelque
chose à dire.
Que cent fleurs fleurissent dans notre jardin ! On
récoltera demain le bon grain, et aussi l'ivraie.
Notre démocratie doit-être une longue patience...
Transcription de Weiner Marthone.
Source: SoundCloud.com
Wednesday, April 5, 2017
Jean Léopold Dominique, 17 ans plus tard.
3 Avril 2000 - 3 Avril 2017. Dix sept-ans plus tard,
qu'en est-il arrivé du dossier sur l'assassinat de
Jean Claude Louissaint et de Jean Dominique?
Aurions-nous l'opportunité de voir la conclusion
du drame?
Veritas presents, Jean Léopold Dominique et les mots
qu'il a prononcés. Une transcription de Weiner Marthone.
Haiti Inter!
Bonjou!
Nou Balancé n'pa Tombé.
Radio Haiti.
Fó nou kenmbé la.
Radio Haiti.
Nou Balancé n'pa Tombé.
Radio Haiti.
Haiti Inter, Haiti Inter,
Haiti Inter...
On a tout essayé.
Nous clignoter,
Nous enfoncer,
Nous électrocuter,
Nous noyer,
Nous siphoner,
Ha, ha, ha, ha, ha!
Il y a plus de cinquante ans
que cela dure, et il n'y a pas
de raisons que cela cesse.
On peut encore essayer de nous
écraser, de nous mitrailler,
de nous circonvenir, de nous
calomnier, de nous acculer, de
nous séduire, de nous affuter,
de nous, de nous vider, de nous
déformer...
Ha, ha, ha!
Il y a plus de 50 ans que cela
dure. Y-a-t'il une raison que
cela cesse?
Oui, une!
Il faut que les choses changent
en Haiti. Pour la liberté de la
Presse, Radio-Haiti au service du
peuple Haitien.
AM 1330, FM 106.
Never forget that. You are Haitian!
You are from this land. You are not
French. You are not British. You are
not American. You are Haitian!
Hier matin, lorsqu'une quarante
énergumènes, bloquaient pendant quatre
heures, le boulevard de Delmas, devant
notre immeuble. Hurlements, vociférations,
pierres lancées contre notre façade. Nos
grilles, violemment seccouées.
Ici à Radio Haiti, durant toute cette
campagne de diffamation, nous avons gardé
la tête froide.
Notre silence et notre tenue, avait agacé
Danny Toussaint et peut-être ses patrons.
L'erreur de Danny Toussaint, pensant qu'un
petit caponage, de quelques chimères JPP
pourraient lui permettre d'avoir accès à
nos micros. Tuip... Ah, s'il persiste dans
ses tentatives de vouloir mettre quelques hurleurs
devant Radio Haiti, pour barrer le boulevard de
Delmas,il se cassera les dents.
Les micros de Radio Haiti lui resteront fermés.
Mais, je sais qu'il a des armes. Je sais qu'il
a la fortune qu'il faut pour payer et armer des
sbires.
Ici, je n'ai d'autres armes, que mon métier de
journaliste, mon micro et ma foi inébranlable
de militant pour le changement. Le vrai changement.
Si Danny Toussaint tente alors autre chose contre
moi ou contre ma radio, et si j'ai la vie sauve.
Je fermerai le poste, après avoir dénoncé une fois
de plus ses manoeuvres et je prendrai, une nouvelle
fois l'exil avec ma femme et mes enfants.
Je termine avec Shakespeare. La vérité fait toujours
rougir la face du diable.

