Tuesday, May 16, 2017

Affranchi sur Parole

Paroles célèbres de Jean-Léopold Dominique,
que nous vous présentons aujourd'hui.
Au micro, Madame Michèle Montas. Elle dit,
Affranchi sur parole, tel était le titre du
livre que Jean Dominique voulait écrire sur
ses expériences d'agronome, de journaliste
et de militant de la démocratie, sur sa vision
de ce pays qu'il aimait plus que lui-même.

Sur ses rêves de justice, de liberté, de
participation responsable. Jean avait été
assassiné avant de pouvoir écrire ce livre
dont il caressait l'idée.

Mais, Affranchi sur Parole, il l'a été
comme homme de radio pendant 30 ans de
carrière. Une émission de Jean Dominique,
par lui-même.

JLD - Ici je n'ai d'autres armes, que mon
métier de journaliste, mon micro, et ma foi
inébranlable de militant pour le changement,
le vrai changement. C'est cette vérité là
qu'il est bon de dire ce matin. La vérité
d'un homme libre !

La vérité est certes révolutionnaire. Mais ici,
la vérité doit faire un jour, rougir la face du
diable, fin de citation.

Oui, nous avons devoir de vigilance. Notre
neuve liberté est fragile. L'indépendance de
la Presse est si frêle. C'est pourquoi, il est
important de maintenir, face à nos yeux ouverts,
notre devoir de vérité que nous tenons à faire
passer sur nos antennes, pour à nouveau, faire
circuler la parole et contribuer à élargir les
espaces de liberté.

Seule une information vérifiée par les professionnels,
dont la crédibilité s'acquiert chaque jour et se
consolide, permettra d'éviter ces pièges si
justement redouté par tous.

O, j'en ai tant entendu depuis mon retour, sur les
journalistes. Bien que privé de tout moyen
d'expression, j'ai souvent été moi-même, agressé
par des gens qui me rendaient responsable des
erreurs, des excès de langage de mes confrères.

"Ce sont des journalistes qui excitent les gens."

"Ce sont les journalistes qui attisent la colère."

Et, patati, et patata...

Une fois de plus, pour faire baisser la fièvre
sociale, on croyait devoir casser le thermomètre.

Là aussi, il nous faut faire attention.

Il est vrai, et nous devons le reconnaitre,
qu'il y a eu çà et là des dérapages. La neuve
liberté conquise le 7 février par les jeunes,
par les pauvres, par les sans-travail, par les
paysans de l'arrière-pays, par les plus pauvres
de notre société. Cette neuve liberté a enivré
plus d'un lettré, hors nos rangs ou dans nos rangs.

Il est vrai aussi, et cela ne peut faire que sourire.
Que certains, dans notre profession, qui, le 6 février,
pratiquaient un journalisme courtisan, se sont
réveillés le 7, plus radicaux, plus extrémistes, plus
libertaires que la liberté elle-même. D'où les dérapages
et les dérives que l'on nous reproche, hélas à tous.

Do jounalis endépandan laj. Mais, il est vrai aussi,
et nos adversaires doivent le reconnaitre. Que la
grande vague populaire qui a fait le 7 février, est
un immense et vivifiant courant, irriguant toutes les
artères de notre société. Libérant les énergies, faisant
bourgeonner l'imagination, stimulant la créativité.

Le baboukèt une fois tombé, comment s'étonner que tant
de bouches s'ouvrent. Comment s'étonner que tant de gens
veuillent s’exprimer ? Tout le monde veut être journaliste
pour dire quelque chose, car tout le monde a quelque
chose à dire.

Que cent fleurs fleurissent dans notre jardin ! On
récoltera demain le bon grain, et aussi l'ivraie.
Notre démocratie doit-être une longue patience...

Transcription de Weiner Marthone.
Source: SoundCloud.com